Arnaud de BOISGROLLIER

Responsable des Opérations Bâtiment – Ville de Colombe

• Quel est votre parcours étudiant et professionnel ? 

Je suis diplômé d’une grande école d’ingénieur en 1992, l’Ecole Spéciale des Travaux Publics et du Bâtiments. J’avais prolongé ces études très techniques par une formation d’un an en développement personnel : IFFEUROPE. J’ai ensuite un parcours varié en entreprise, d’une part 5 ans comme ingénieur travaux sur chantiers de 1 à 100 M€ en France et à l’étranger et d’autre part, plus de 10 ans en gestion technique de patrimoine immobilier. La crise immobilière de 2008 m’a poussé à profiter d’une « pause professionnelle » pour prendre le temps d’ajouter une vraie compétence en approche durable de la construction. Un master en alternance m’est apparu comme très adapté à ma situation : investir dans une formation longue et diplômante et garder complètement un pied dans une activité professionnelle, y compris avec des responsabilités de conception et de déploiement de projet. Réaliser ce master dans une école de management apportait également un supplément en termes de complémentarité avec ma formation initiale.

• En quoi l’expérience en alternance au cours de votre scolarité a-t-elle été déterminante ?

En plus de l’avantage de conserver une activité professionnelle et donc de ne pas créer de rupture, ni pour moi, ni « sur mon CV », mon stage en alternance a constitué une formidable chance de découvrir une façon complétement différente de faire mon métier. J’ai intégré pendant 15 mois un Cluster, association d’entreprises qui mettent en commun des moyens autour de quelques idées force : mutualisation de la R&D, développement économique et territorial, travail en réseau, objectif d’innovation dans la construction durable, volonté partagée de maîtriser les performances et les coûts. C’est bien l’addition de mon expérience passée, des cours du master, des échanges entre étudiants et de mon « stage » qui a permis la réussite de cet investissement de 15 mois.

• En quoi consiste votre métier /fonction? Concrètement, comment s’organise votre vie en entreprise ?

Après 1 an passé dans deux entreprises différentes avec des missions sur lesquelles je me suis mis en risque en termes de contenu de mission et de culture d’entreprise, très éloignés de ce que je maîtrisais, je redémarre une mission que je connais bien : la gestion technique de patrimoine immobilier. Je suis en charge de la rénovation et des projets neufs d’une centaine d’immeubles avec le concours d’une équipe de 6 personnes. Nous diagnostiquons l’état général et proposons au propriétaire et aux occupants des interventions de remise en état, nous répondons aux demandes d’évolution de fonction, nous garantissons la mise aux normes quand elle devient obligatoire ou quand l’intervention prévue pour une autre raison nous contraint à tenir compte des normes actuelles, nous planifions des opérations de toutes tailles, y compris la politique de rénovation énergétique globale, et nous mettons en œuvre l’ensemble de cette programmation au travers des missions que nous donnons aux maîtres d’œuvre et aux entreprises de bâtiment. Nous sommes couramment force de proposition pour aller dans le sens de la limitation des impacts sur l’environnement mais aussi d’une insertion culturelle, sociale et économique de chaque opération.

Mon passage par le master m’a permis non seulement d’ajouter des compétences directement opérationnelle mais aussi de me positionner sur une partie du marché de l’emploi particulièrement porteuse qui m’a permis de me repositionner à deux reprises en moins de 2 mois.

• Quelle(s) compétence(s) et qualité(s) vous semble-t-il essentiel de posséder pour exercer votre métier ?

Je suis très attentif à mener de front à la fois la gestion technique des dossiers, avec parfois des questions et des décisions très pratico-pratiques, et la gestion des hommes, que ce soit en interne comme avec les fournisseurs. L’approche durable de la construction a renforcé encore en moi ma conviction que plus on « fait équipe », plus les différentes compétences présentes sur un projet sont mises en commun pour garantir l’objectif en diminuant autant que faire se peut les intérêts économiques à court terme de chaque acteur, plus le projet se déroule pour la satisfaction de tous : les utilisateurs, les hommes qui ont participé au projet et même les finances des entreprises parties prenantes. Cela dit, c’est un combat permanent de recréer les conditions favorables à ce fonctionnement idéal.

• Et dans l’avenir, comment  voyez-vous évoluer votre carrière ? Et votre métier (ou secteur d’activité) ?

L’application des principes de la construction durable à la gestion technique d’un patrimoine immobilier et à sa rénovation en est tout simplement à ses débuts. Tout est à faire et il faudra du temps et beaucoup de compétences additionnées pour réussir, entre autre, le défi du facteur 4 dans ce secteur. Je suis donc très confiant pour la suite de mon parcours professionnel.

Vie associative …

• Avez-vous rejoint une association d’étudiants lors de vos études ?

J’ai tenté de participer à l’association Campus Responsable avec plus ou moins de succès, fonction du temps que j’y ai investi.

Cela dit, j’ai profité de ce temps différent dans mon parcours professionnel pour développer mon réseau professionnel, aussi bien depuis l’école que depuis mon entreprise de stage et même au travers des réseaux sociaux. J’en ressentais le besoin depuis longtemps ; l’opportunité d’investir dans un réseau encore en devenir, du fait de la jeunesse des sujets de la construction durable, a fait que cet investissement s’est révélé très rapidement payant.

Et dans la continuité, je suis très attentif aux initiatives qui sont prises pour développer le réseau des anciens élèves, à commencer par celui de ma promo, qui est très actif, et celui de l’ISEADD, avec lequel je partage beaucoup de valeurs.