Le traitement de l’eau douce

podcast eau douce

L’enjeu du traitement de l’eau douce

Autant on peut dire qu’à notre époque, le pétrole est la reine des ressources – parce que nous vivons à l’âge du plastique et qu’il ne se contente donc pas d’alimenter nos moteurs – autant l’eau est d’une autre nature : elle est une ressource « vitale » au sens premier du terme, selon l’adage que chacun connait : « l’eau, c’est la vie ».

Pour comprendre l’enjeu du traitement de l’eau douce – nous ne parlons pas ici du traitement des eaux usées, qui est un autre sujet – il nous faut remettre en mémoire quelques chiffres.

Ce qui pourra étonner, compte tenu du stress que subissent tant de régions à ce propos, c’est qu’en tant que telle, l’eau est une ressource abondante. Elle recouvre en effet 70% de la surface terrestre. Mais aussi, 97% de cette eau sont de l’eau salée, donc impropre à l’usage. Restent donc 2 et demi pour cent d’eau douce, dont la plus grande partie est immobilisée sous forme de glace au Groenland et sur le continent antarctique, le pôle sud. Ne restent plus donc que 0,7% d’eau douce disponibles à la consommation de l’humanité.

Eh bien, ce chiffre qui paraît mince demeure largement suffisant, au-delà même de nos besoins. Cela fait 40.000 km3, soit 6.500 m3 par habitant chaque année. C’est plus qu’il n’en faut, quand on pense que des pays privilégiés comme le nôtre n’en consomment que 3.300 par individu.

L’eau douce : une ressource inégalement répartie

Le problème n’est donc pas la rareté de l’eau douce, mais sa répartition inégale sur la Terre. Nous venons de citer le chiffre de la France, où l’on lave sa voiture à l’eau potable ; où, aux petits-coins, l’on tire des chasses d’eau potable. Elle est loin du seuil de stress de l’eau, fixé à 500 m3 par habitant et par an. En revanche, un pays comme le Yémen, par exemple, en est à 200m3 : chez lui, l’eau douce est un problème quotidien.

Et encore ne parle-t-on ici que de l’eau douce, mais il s’agit de la rendre potable. Des régions très arrosées, très riches en eau comme le bassin du Congo, souffrent d’une pénurie structurelle résultant d’un manque d’infrastructures d’assainissement. Autant l’accès à l’eau potable est universel dans les pays développés, autant il reste un problème pour les autres où il tombe à 80%, et même seulement 50% pour l’assainissement. Quant à la connexion à domicile de l’eau potable, elle est de quasiment 100% dans les pays développés, mais seulement de 16% en Afrique noire, par exemple.

Les « hydro-puissances »

C’est dire l’étendue des défis qui se posent aux hommes pour rectifier autant que possible ces inégalités d’accès. C’est dire aussi que dans ce paysage se distinguent les Etats considérés comme « hydro-puissances » des autres Etats manquant d’eau ou au moins manquant des savoir-faires techniques pour l’assainir. La France est particulièrement bien placée dans ce classement, puisque, parmi les quatre leaders de ce secteur, deux sont français. Cette position renforce son rang parmi la communauté internationale, mais également la place devant une responsabilité que beaucoup voudraient morale.

 

Pour en savoir plus sur d’autres sujets, n’hésitez pas à consulter nos podcasts !