L’échec prévisible de la COP 26

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Le contexte de la COP 26

Organisée à Glasgow en Ecosse jusqu’au 12 novembre 2021, la 26e conférence des Nations Unies sur le climat, dite « Cop 26 », s’était originellement fixé pour objectif d’intensifier la lutte contre le réchauffement climatique, six ans après les Accords de Paris. Or, tout commence très mal dans cette affaire, au point qu’un observateur un tant soit peu superstitieux verrait un symbole dans le fait que le président Biden se soit carrément assoupi pendant la réunion, donnant malgré lui l’image de quelqu’un de peu motivé en dépit du fait qu’il préside aux destinées du deuxième pays le plus pollueur de la planète. Son propre discours, d’ailleurs, n’a comporté rien de concret, seulement des déclarations générales et atemporelles que n’importe qui d’autre aurait pu tenir à n’importe quelle autre époque : on ne pouvait pas deviner, à l’entendre, ce qui peut sortir de cette réunion d’une vingt-sixième conférence.

L’absence de certains pays à la COP 26

Le premier pays de très loin le plus pollueur de la planète, deux fois plus que les Etats-Unis, est la Chine, et celle-ci ne s’est pas même déplacée : comment, alors, envisager de mettre en commun les initiatives nécessaires à l’amélioration de la situation globale ? On note aussi l’absence du quatrième pays le plus pollueur, la Russie, et un autre encore, le Brésil, dont l’action de déforestation de l’Amazonie préoccupe le reste du monde. Le président Macron, à la tête du pays le moins pollueur parmi les grandes puissances économiques à cause du choix du nucléaire datant de De Gaulle et conforté par Giscard, a pu être tenté d’adopter la posture du leader, en donnant quinze jours aux pays les plus pollueurs pour adopter une nouvelle politique susceptible d’éviter que la température globale ne dépasse une élévation de 1,5%. Mais en Europe même, le plus pollueur est l’Allemagne avec ses centrales au charbon et son recours massif au gaz russe, l’Allemagne coincée entre son refus du nucléaire et son rêve d’énergies renouvelables qui ne couvrent pourtant que 3% de ses besoins avec ses éoliennes, et 1,3% seulement avec le solaire.

On peut voir dans ces absences et ces choix divergents des signes de mésentente, une mésentente d’ailleurs elle aussi symbolisée par un autre incident, certes d’apparence minime, la mise à l’écart de celle qui devait présider la réunion, Claire Perry, par le premier ministre britannique qui accueille cette vingt-sixième conférence en partenariat avec l’Italie.

Les incohérences de la COP 26

Enfin, la question traitée, nous le savons, laisse trop souvent entrer par la petite porte les débordements irrationnels : cette adolescente suédoise hissée au rang de symbole parmi des adultes responsables et des experts en recherche de solutions, ou encore, dans le camp français, un jeune activiste de 22 ans sans aucune qualification scientifique, invité pourtant à cette réunion où il qui voudrait convaincre les grandes personnes de réunir dans un même ensemble la lutte contre le réchauffement, l’adoption du communisme, les revendications des minorités sexuelles. Autant d’incidents susceptibles de décrédibiliser toujours plus la réunion, après la sieste de M. Biden.

 

Certes, tout n’est pas sombre dans ce constat : l’Inde, troisième pollueur mondial, affirme espérer pouvoir atteindre la neutralité carbone en 2070, dans cinquante ans, c’est déjà quelque chose. Mais compte tenu de tout ce que nous venons de dire, on peut déjà prévoir l’échec de cette 26e conférence des parties sur le climat.

 

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